13 décembre 2009
25 novembre 2009
Les peintures de Marie-Paule Derycke




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08 septembre 2009
"Bretagne de Jade", photographies de Françoise Renaud

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14 juin 2009
Les photos de Bettina + Uwe Steinmueller




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22 avril 2009
Françoise Renaud : le Pays (texte et photographie)

Un nouvel ordre semble instauré dans la maison d’enfance.
L’épisode de la maladie a dessiné un masque sur le visage de mon père, le repoussant définitivement vers l’autre âge : le grand – le dernier forcément. La pâleur qui le figeait cet hiver – et m’avait inquiétée – a néanmoins disparu. Sa posture est à nouveau ferme, son geste sûr. Il y a seulement davantage de lenteur en lui, comme si le temps à l’entour de son corps avait modifié son écoulement d’un quart. Mais l’été arrive et il tient son jardin au cordeau.
Plants de salades et haricots en croissance, melons sous châssis, tomates au bord de produire. Il me présente l’épouvantail qu’il a planté au milieu de ses fraisiers pour dissuader les merles, le prunier prometteur de récolte.
Je demeure attentive. Attentive à ses affaires, à ses mots.
Je l’observe épiant la rouille sur les rosiers, binant les parterres avec un outil, mangeant ses asperges avec difficulté et râlant après ses dents mauvaises. Je parle de lui avec ma mère, de son allant et de son appétit. Son existence me pénètre avec l’intensité d’un dard en ce temps de vie où chavirent les certitudes, mais je ne parviens pas encore à dire, à lui dire. Il trouve bien normal que je voyage jusque chez lui : voyons, je suis sa fille, et c’est lui le vieil homme. Que ma présence lui procure du plaisir ou non n’est pas une question qui se pose. Juste le jour qui passe, les fruits qui mûrissent et la couleur du ciel.
Comme il se rend à sa partie de cartes, j’en profite pour gagner le rivage, ignorant à quel stade l’océan en sera de sa mouvance.
Marée basse. Léger vent de noroît, falaises grises offrant l’abri.
Pas un chat en ce jour de semaine.
Pour moi l’océan est pareil à une source puissante. Sa présence, sa rumeur. Il est relié aux gouffres de l’origine. Il est relié à mon père, né ici. Et il s’en revient chaque douze heures par-dessus le monde minéral jusqu’à border le territoire des hommes, hors de portée des tourmentes d’équinoxe.
Parfois j’aperçois entre les arbres le clocher de mon village, repère ancestral affublé de gargouilles chimériques que je n’avais jamais remarquées jusque là.
Le rocher, lui, est au front. Il prend la marée, le vent, les orages. Il dessine la côte, anses et promontoires sur lesquels je m’avance jusqu’au vertige.
Soudain je mesure la torture des matières enfouies puis exultées, roches si compressées qu’elles se sont délitées, épousant les noyaux de roche plus résistante et leur conférant des formes d’amande. Des fractures décalent blocs et filons, pans de schiste impressionnant celui qui passe et songe à les observer – car beaucoup ne pensent qu’au soleil et aux endroits où ils vont pouvoir s’allonger pour le prendre jusqu’à se brûler.
L’espace est clair devant moi, vent dans mon cou. Enfance et présent étroitement réunis.
Françoise Renaud © - juin 2008
A suivre à l'automne 2009
« Bretagne de Jade », photos de Françoise Renaud
Bienvenue sur le site de l’écrivain
http://www.francoiserenaud.com/
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Portrait de l’écrivain en tant que lectrice :
Jogging du désir
De profil
elle fend le vent
sa crinière de feu
se couche en majesté
sur l’horizon de son pull ému
sa respiration se précipite
dans l’avenir de sa nostalgie
au pas crescendo de ses fuseaux
lisses galets noirs des volcans ténus
portée sur les nacres d’un violon lunaire
à se noyer dans les lames d’une mer infinie
sa voix gronde les sommets immaculés de l’absolu
du granit d’où elle est née
Marie-Lydie Joffre
18-12-2008
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02 février 2009
Regard de Christine Jouhaud-Mille sur un tableau de Hopper

Invitation charmeuse,
Au bout de ma longue promenade vagabonde, j’emprunte la rue bordée d’une haie de buis taillée au cordeau, et découvre une maison avec sa façade en bois blanc, aux contrastes accentués par la lune dans cette nuit sans étoile.
Trois fenêtres à l’étage et venant de l’une d’elles, le perceptible halo intime d’une lampe de chevet.
Des stores en toile rigide, leur inclinaison couronne les trois rectangles comme des paupières lourdes et charbonnées d’un noir dense. Et se rajoutant en relief accessoire, les volets restés ouverts.
Un souffle pousse mon épaule, m’invitant à venir plus près de la demeure que le vent cajole ; jouant avec les franges du auvent.
On a laissé celui-ci en position basse sur la baie, mais le vitrage est traversé par la lumière intérieure ; l’éclat doré inonde le rez-de-chaussée.
Je m’approche pour regarder le salon qui s’offre en vitrine, mais pas la moindre trace humaine.
Rien ne m’impose de refaire le chemin inverse, alors une question fantôme glisse dans la nuit.
Ai-je le désir de pousser la porte ?
Rentrer dans l’intimité de ces lieux, dont l’invitation au repos est proposée sur une pancarte, près de la haie de buis.
« Chambres pour touristes ».
Christine Jouhaud-Mille
lundi 10 novembre 2008
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Regard sur le texte Invitation charmeuse !
Souffle suspendu
en apnée du recueillement
texture de fils arachnéens
délicate retenue
jusque dans l'interrogation présage d'un au-delà masqué…
Marie-Lydie Joffre
Découvrir les textes de Christine Jouhaud-Mille sur le site de l’atelier d’écriture de Carole Menahem-Lilin
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21 décembre 2008
"Le conte du Pied Noir", livre pour enfants de Céline Lopez


- « Quelle chance ! Je suis sûr que dans la forêt tout le monde vous admire… Tandis que moi, avec mon pied noir… »
- « Ton pied ? Noir ? quelle importance !
Grâce à mes racines, je suis l’arbre le plus solide et le plus beau.
Ton pied et mes racines font de nous des êtres uniques. »
- « Ouellou ! Personne ne veut m’approcher ! »
- « C’est parce qu’ils ont peur de toi. Tu es différent !
Laisse leur le temps de te connaître. »
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Le Conte du Pied Noir collection Ecrits en chemin
Editions Esmeralda
est disponible à Montpellier librairie Sauramps Polymômes
et à Sommières L'Arsan Maison de la Presse
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25 novembre 2008
Les collages de Thierry Lechat







Thierry Lechat
34, Montegnet
5370 Flostoy-Havelange
Belgique
083-63 49 63
Le chat nu
Il y a du chat du "(t)chat" des chatteries dans l'art de Thierry Lechat
un chat pas envahissant du type gros marrant pipolisé
un chat discret tout simplement à tête de philosophe et de poète
pleine de pensées
un chat mystérieux, agile, impénétrable, délicat, de coups bien fourrés
de l'étoffe dont on a retrouvé la mère de Magritte drapée noyée
de draperies à la Salvador Dali qui auraient de la profondeur
De l'étoffe de la vêture d'un sphinx inversé, corps de femme à tête de chien
ou de chat renfrogné allongé sur le tapis volant de déserts de sables
prenant le soleil couchant au bord de l'abîme d'un lac
mirage de la condition humaine, quoi !
Et combien de Belgitude dans le cri désespéré de l'absurde
dès le premier collage !
incollables les Belges en surréalisme métaphysique
en repassage à plat de l'abondance des idées reçues !
De l'humour prémonitoire avant que le seau
plein de lait ne verse tout cuit sur les têtes bien calculées
dans les hautes sphères des lobbies océan de pub
en chocolat au lait et en vache de papier
Et le cri pour cette Belgique pays vide, vierge, à construire
ou à désespérer
pays mouillé en pâte d'aquarelle
convoité morcelé de valeurs
Le souffle olympique du coquelicot, droit comme un coq coccinelle
souffle de vie
le réveil en fanfare des consciences, la campagne pour retrouver son âme ?
Les portes saignantes de la discorde la religion toujours aux infra rouges
analphabète ou lettré aussi intégriste l'un que l'autre
pourtant égaux d'humanité
Les traces sur le sable ne laissent pas d'empreintes
mais les empreintes digitales souillent le sable
Et les innovations de l'extrême réduites à pédaler dans le vide
pour fabriquer l'électricité !
L'étrangeté des autres n'est-elle pas la nôtre d'abord ?
Marie-Lydie Joffre
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19 septembre 2008
Musiciens de jazz : photos de Luke Kaven
Photos de musiciens de jazz
Portraits aimants dont la facture psychédélique amplifie l'aura, ces photos transportent au coeur de la sensibilité des musiciens via leur solitude de mineur de fond d'une musique des tripes à la dimension visionnaire, parfois hallucinogène... !
Marie-Lydie Joffre
Photos traitées par le logiciel Photomatix
Luke Kaven, prépare un livre de portraits d’artistes en HDR. Pour commencer il photographie les musiciens de jazz de New York avec la plupart desquels il travaille en tant que producteur de disques
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13 juillet 2008
Nouvelle de Jean-Claude Boyrie (2° partie)
Les ombres ne meurent que deux fois. (suite et fin)
Nous, c'était pas nos oignons, on a fait ce qu'on pouvait pour ces gens-là. Tout juste si les survivants nous ont remerciés quand ils sont partis! Après la Libération, ce sont les Américains qui se sont installés à Rivesaltes, pour quelques années; les lieux sont aujourd'hui dans l'état où les G.I. les ont laissés. Une centaine d'hectares en friche, au total, pas très loin de l'échangeur autoroutier Perpignan Nord. Forcément, ce terrain va susciter des convoitises. La zone hôtelière et d'activités a besoin de s'étendre. Le projet de « mémorial » ne concerne d'ailleurs qu'une petite emprise, le reste pourrait bien un jour ou l'autre revenir à la vigne ou aux promoteurs.
Les jeunes générations se font une idée très relative du « devoir de mémoire ». Des faits vieux de soixante ans ou plus concernent « ceux d'avant », des gens à présent morts ou gâteux. Allons! Un petit effort... Que faisaient-ils, vos parents, ou plutôt les grands-parents, à cette époque là ? Pas la moindre idée! Et vous, qu'est-ce que vous auriez fait à leur place? Drôle de question! Ben voyons, la situation n'a aucune chance de se reproduire à l'identique aujourd'hui. Il est vaguement question, bien sûr, par-ci, par-là, de travailleurs clandestins, de sans papiers qu'on reconduit à la frontière. Sangatte, vous en avez entendu parler? C'est une station balnéaire du Pas-de-Calais, 1400 habitants permanents. Plus une population de 5000 « clandestins » bloqués à Sangatte après un long périple. A peu près l'effectif de Rivesaltes en quarante.
Oui, cela fait désordre au début du millénaire: des tas de gens entassés là, entrés en France pas pour y rester, on n'en voulait pas, mais dans l'espoir de passer Outre-Manche. Il fallait vite étouffer ce scandale. Le préfet local a décidé la fermeture définitive du camp en mai 2003. Dieu merci, c'est déjà de l'histoire ancienne.
Eh bien, vous ne me croirez pas, les O.N.G. ont encore trouvé le moyen de râler ! Quoi qu'on fasse avec les demandeurs d'asile, on est toujours critiqué. Ouvrez un camp: vous vous exposez à n'importe quelle demande extravagante. Avisez-vous de le fermer: vous serez accusé de pousser ces malheureux dans le vide. Allons! Faites-vous une raison, la France de 2007 ne peut pas accueillir toutes les misères du monde!
La nuit des morts-vivants.
Le jour décline très vite, rien que de très normal en cette fin d'été: c'est bientôt l'équinoxe, il est déjà neuf heures du soir, ou presque. Le moment pour qui n'aurait pas compris de s'apercevoir que le « mémorial » n'est encore qu'un projet, bien que sa visite figure au catalogue officiel des Journées du Patrimoine. Que le visiteur ne s'offusque pas d'un accueil trop précaire: on inaugure ici du virtuel, au demeurant des panneaux le préviennent que le site n'est pas sécurisé, à lui de faire attention où il marche! Un groupe électrogène éclaire tant bien que mal les installations délabrées. Après tout, les fugitifs qui franchissaient de nuit les cols du Vallespir n'en avaient pas autant, ceux-là prenaient de vrais risques!
L'oeil se fait à la pénombre, discerne les graffiti couvrant les murs des baraquements, des expositions disséminées. Oeuvres le plus souvent abstraites, humbles matériaux assemblés par des artistes connus ou anonymes, fragments insolites d'éternité. Musique et parole, à présent. Partita pour violoncelle, lamento pour voix humaine: deux sanglots: les accents plaintifs des cordes entrecoupent un poème en hommage aux réfugiés. Et puis, c'est le silence à nouveau. L'obscurité se peuple de fantômes. Ils sont nus, sans âge, sans identité, leur attitude seule apparente ces êtres virtuels à l'espèce humaine. Un rayon de lune fait luire leurs contours habillés de polyuréthane, vous savez bien: ces poches plastiques jugées indésirables pour l'environnement qu'on ne distribue plus pour ce motif en supermarchés. La main de l'artiste en a fait un épiderme translucide, c'est comme la mue d'un insecte géant qui plie et se plisse.
Un zombie repose étendu sur la dalle en béton. Un autre personnage reste prostré dans l'angle de la pièce. Deux formes plus petites évoquent des silhouettes d'enfants jouant avec une boîte de conserve, dérisoire ballon. Des bras se tendent, tels à des élytres : l'androïde en position verticale s'accroche au mur, agrippe les barreaux de la fenêtre. Il tente d'appeler au secours. En vain: aucun son ne sort de son visage sans bouche, figé dans sa contemplation hallucinée. Derrière la fenêtre, il n'y a que le vide, un vide sidéral.
« Dans l'espace, nul ne vous entend crier » (Alien)
A suivre
Les textes de Jean-Claude Boyrie
sur le site de l’atelier d’écriture animé par Carole Menahem-Lilin
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